La ripisylve du ruisseau Tareyre
Voici un compte rendu de la journée consacrée à la découverte des milieux humides de la commune de Lagruère qui a été un succès . Les organisateurs ne s’attendaient pas à voir autant de personnes curieuses de connaître ce type d’écosystème ce qui en dit long sur les préoccupations des citoyens et de leur intérêt porté à la biodiversité si menacée aujourd’hui.
La visite du petit bois savant a permis au public de découvrir le sentier d’interprétation et de le sensibiliser aux différentes espèces végétales d’une zone humide très riche du point de vue de la biodiversité.
L’aulne glutineux, le peuplier noir , le frêne , le carex, le sureau et la présence de bien d’autres variétés d’arbres et de plantes aquatiques constituent un écosystème fragile qu’il y a lieu de protéger et de valoriser .Madame CAMPAS du CPIE 47 a su faire passer le message de protection de ce paysage qui offre en plus un volet pédagogique de qualité pour l’accueil des classes vertes.C’est là que le CPN de Lagruère y propose en effet des activités multiples en direction de tout public de découverte de la faune et de la flore.
Le cycle de l’eau y est abordé ( de la source à la rivière)mais aussi la vie des arbres.Ils constituent le poumon vert de la commune et un écosystème ancien de plaine alluviale . Un autre écosystème le côyotant est une prairie qui évolue faute d’entretien vers vers la création d’une autre forêt .On trouve la présence d’un imposant chêne , marquant la frontière avec une vaste bioulade( endroit planté de peupliers)
La promenade le long du ruisseau Tareyre a révélé la necessité d’avoir une gestion de la ripisylve adaptée et raisonnée.La présence de la végétation , des haies s’avère capitale dans cette campagne vouée essentiellement à l’agriculture intensive et dont 800 hectares sont inondables.Monsieur DOUCET, technicien des rivières du conseil général , a donné de multiples explications et conseils de ce qu’il faut faire et ne pas faire en bordure des ruisseaux.
La basse plaine est en fait un vaste champ d’expansion des crues . Le raconteur de pays qui était le guide de cette manifestation a expliqué avec sa passion de riverain du fleuve depuis sa jeune enfance combien les caprices de la Garonne sont fréquents et parfois meurtriers.
Le fonctionnement de ces crues parfois désastreuses comme celles de 1875 ou 1930 et plus près de nous de 1981 a donc été évoqué.Le raconteur de pays a rappelé les différents moyens de protection contre les crues . Lagruère à la particularité d’avoir sur son territoire tous les systèmes de protection mêlés( Mattes de berges, digues entourant les propriétés, préserves, terrats…)
Les promeneurs ont pu aussi découvrir l’ancien bras de la garonne qui longe le canal entre le Mas et Lagruère, la présence d’un ancien moulin , celui de FAURE que le propriétaire et un autre raconteur de pays ont su faire revivre un instant.
Ragondins, chants d’oiseaux, hérons, buses, roitelets, traces d’animaux sur le sol détrempé , arbres qui bourgeonnent déjà, clapotement de l’eau d’une fontaine, plantes rares et bien d’autres éléments débusqués par les botanistes ont mis en évidence une faune et une flore en fait très variée et des paysages de Garonne aux multiples visages.
Le temps qui nous était imparti ne nous a pas autorisé à aller marcher sur l’ancien chemin de tire où les promeneurs auraient pu voir l’ancien bras de la Garonne ( une gaule)sur une longueur de 1KM et mesurer l’importance des travaux qui ont été réalisés de 1935 à 1937 pour servir les intérêts de la batellerie.Le lit de la Garonne fut en effet rétréci pour permettre, durant la saison des basses eaux, aux bateaux de commercer.
Ces gaules sont des zones humides par excellence et tout dernièrement une entreprise de débardage de peupliers s’est embourbée faisant sur un sentier de randonnée , traversant une bioulade, interdit aux engins mécaniques pourtant, des ornières d’environ 80cm de profondeur.Ces zones ont un écosystème fragile et il est évident que l’on ne peut pas faire n’importe quoi , n’importe quand.Une gestion de l’exploitation des peupliers et de l’espace doit être partagée avec les agriculteurs , les entreprises et les usagers . Elle est hautement souhaitable.
La promenade sur la berge du canal a permis aux intervenants qualifiés de parler essentiellement de la flore , du patrimoine (fontaines), et de la mare qui avait été aménagée puis vandalisée à plusieurs reprises et qui pourrait à nouveau donner lieu à un projet de restauration pour montrer au public le fonctionnement de cet écosystème.
La Balade fut très instructive , intéressante et elle a tenu en haleine les marcheurs venus nombreux (80 personnes) découvrir les multiples paysages de Garonne .
Le diaporama, animé par Monsieur SIMON qui a montré les zones humides existantes entre Toulouse et Bordeaux a permis de mieux comprendre le rôle qu’elles jouent pour la sauvegarde de la biodiversité .
La trame bleue que constitue la Garonne et la présence de trames vertes sont autant de corridors écologiques qu’il faut restaurer voire créer le plus vite possible car face au réchauffement de la planète la disparition des espèces animales et végétales peut s »accélérer et ce phénomène risque d’être préjudiciable à la santé et à la survie de notre espèce.
La gestion exemplaire de la faune et de la flore , l’activité ornithologique de la réserve de la Mazière (qui est un ancien méandre en grande partie comblé par l’homme et les alluvions au fil du temps) ont été évoqués par Madame Campas et Monsieur SIMON du SMEAG .
Les végétaux sont les seuls capables de transformer grâce à l’énergie solaire les substances minérales en aliments nutrinionnels et c’est à leur existence que nous sommes à vrai dire vivants.
Tous ces sujets de réflexion ont été appréhendés au cours du débat et de multiples questions ont abordé en définitive les enjeux écologiques et environnementaux du moment.
Enfin , un hommage a été rendu à Garonne PAR jean MARIE RICHON qui a lu les paroles de la chanson de NADAUD(si la Garonne avait voulu) et celles de la chanson de NOUGARO (c’est une Garonne) manière de remercier l’équipe toulousaine du SMEAG co -organisateur de cette animation .
A noter que trois expositions accompanées de documents sur le canal et la garonne ont retenu l’attention de tous les participants .
Pour terminer , il faut souligner l’accueil du gérant de la halte nautique qui a facilité le travail des organisateurs pour la réussite de la journée mondiale des zones humides et de la biodiversité.
D’une manière générale chaque intervenant a su capter l’attention de tous et dans le rôle de coordinateur le raconteur de pays a apporté une note originale empreinte de convivialité et de simplicité ce que demande en fait le public.
Le club connaître et protéger la nature du Foyer Rural remercie tous les partenaires et tous les bénévoles qui ont fait de cette journée une véritable réussite.
Bien CPNment Jean marie RICHON responsable du CPN du Foyer Rural
jean Marie bien cordialement